
Un vrai jeu PC gratuit, des ciels photographiés, un nouveau spot de vitesse et des riders qui tiennent enfin correctement leur wishbone. Depuis mon premier article sur WindRush, le jeu a beaucoup avancé. Voici ce qui a changé du 10 au 14 octobre, ce que Claude Code a fait, ce que j'ai décidé, et ce qui reste à améliorer. Toutes les images sont des captures de la version d'aujourd'hui, en qualité Haute.

La semaine en chiffres
Un choix clair : un vrai jeu PC
J'avais préparé une version pour téléphones Android. Je l'ai abandonnée : sur mobile, la mémoire et le moteur de rendu simplifié bridaient le réalisme. WindRush est désormais un jeu gratuit pour PC Windows, sur itch.io et en téléchargement direct sur www.windrush.fr (un zip de 149 Mo).
Ce choix a ouvert la porte au moteur de rendu complet de Godot (Forward+) : reflets du ciel et du décor sur l'eau, occlusion ambiante et ombres douces. Il y a trois niveaux de qualité, Basse, Haute et Ultra (réservée aux PC Windows). Et comme tout le monde n'a pas une grosse carte graphique, il existe un mode léger : au premier lancement sur une carte graphique intégrée, le jeu mesure la fluidité pendant quelques secondes et, sous 30 images par seconde, propose une seule fois de passer en mode léger. Sur mon PC à carte graphique intégrée, La Palme passe de 50,7 à 87,4 images par seconde en mode léger.
Le reste du travail « PC » : des options à onglets (Jeu, Affichage, Audio, Commandes), plein écran, fenêtré ou sans bordure, limite d'images par seconde, champ de vision de 55 à 90°, résolution 3D réglable ; 36 actions reconfigurables au clavier, avec le vrai nom des touches (un clavier AZERTY affiche Z et Q là où un QWERTY affiche W et A) ; la manette complète, menus compris ; F12 pour enregistrer une capture dans le dossier Images ; un bouton Quitter ; et la langue de Windows choisie d'office si le jeu la parle (français, anglais ou espagnol).

De vrais ciels photographiés
C'est le changement le plus visible. Les ciels peints ont laissé la place à 7 photos panoramiques HDR de Poly Haven, sous licence CC0 (libres d'utilisation, vérifiées une par une) : ciels de midi dégagés ou nuageux, matin, coucher de soleil et tempête. Chaque photo n'est pas un simple décor : elle éclaire la scène. Le soleil du jeu est placé exactement là où il est sur la photo, à la même hauteur et avec sa couleur, et le ciel se reflète sur l'eau. Un ciel occupe 8 Mo de mémoire graphique, et un seul est chargé à la fois.
Avec ces ciels, la mer devait suivre. Claude a cherché pourquoi l'eau sortait « laiteuse » : le ciel pâle était peint dans la couleur de l'eau puis éclairé comme une peinture mate, le reflet était trop fort pour de la vraie eau et le rouge du sable n'était pas absorbé. La correction : une palette par spot, calculée comme une vraie absorption de la lumière dans l'eau. Ho'okipa sort bleu Pacifique au large, Étretat vert-bleu profond et jade près de la craie, Tarifa bleu atlantique, Jericoacoara émeraude et Lagoa turquoise lumineux.



La Palme : 500 mètres pour passer les 100 km/h
Le spot de vitesse est maintenant un vrai lieu : la Plage du Rouet à La Palme, dans le sud de la France. Un couloir de 500 mètres le long de la plage, à 34 mètres du bord, dans environ 75 cm d'eau, avec la Tramontane qui souffle de terre jusqu'à 40 nœuds. Le plan d'eau reste plat près du sable et se creuse au large. Trop près du bord, la planche s'échoue ; trop loin, vous sortez du couloir. Tout autour : les dunes, les ganivelles, l'étang, les jetées de Port-la-Nouvelle, des bouées, des portiques de départ et d'arrivée, une tente de chronométrage, 44 spectateurs et cinq riders de vitesse. En pilote automatique, un run fait 91,7 km/h de moyenne et 102,7 km/h en pointe.


Courir contre son fantôme
Chaque épreuve chronométrée (slalom, courses de kite, de foil et de wing, run de La Palme) enregistre maintenant votre meilleur passage : la position, le matériel et la pose complète du rider, 20 fois par seconde. Quand vous rejouez, un rider bleu translucide refait votre record. L'écart s'affiche à chaque porte ou tous les 100 mètres, en vert si vous êtes devant, en rouge sinon, et l'arrivée annonce le nouveau record. Le tout tient en 150 Ko pour un run de La Palme et 0,5 Mo pour un slalom de près de deux minutes. Un panneau « Records et fantômes » permet de les revoir ou de les effacer.



Des vagues qui font tremplin
À Ho'okipa, les vagues sont devenues de vrais tremplins, en windsurf, en wing et en kite. Plus vous arrivez vite sur la lèvre, plus vous montez haut. Appuyer sur Espace au bon moment donne un bonus : « Parfait » à moins de 0,15 seconde de la lèvre, « Bien » à moins de 0,32. Un panneau note chaque saut : 100 points par mètre de hauteur, 6 par mètre de longueur, un bonus pour le temps en l'air, le timing et le style, et 60 points pour une réception propre. En wing, un saut parfait mesuré monte à 9,6 mètres.
Le départ a changé lui aussi : le beach start se fait maintenant en une seule touche. Le rider porte son matériel du sable jusqu'à l'eau aux genoux, vous appuyez sur Espace, il met le pied sur la planche, la voile le soulève et il part.

Des riders plus crédibles
C'est le travail le plus long, et celui où l'œil du windsurfeur compte le plus.
- La posture en kite suit maintenant une fiche de coaching : jambe avant presque tendue, jambe arrière pliée, poids sur l'arrière, épaules ouvertes et barre devant la taille. Mesuré à 20 nœuds : le genou avant est passé de 151 à 169°, et le poids sur la jambe arrière de 0,65 à 0,96 (0,5 = au centre).
- Les mains sur le wishbone. Les mains flottaient 15 cm au-dessus du tube, poignets cassés. Claude a d'abord posé le diagnostic : le wishbone dessiné restait à 1,35 m alors que les prises étaient calculées à 1,50 m. Une fois la cause trouvée, la correction était simple : les prises suivent le tube affiché, recalculé à chaque image. Distance mesurée entre la paume et le tube : 0,0 cm.
- La planche dans l'eau. Juste avant le planing, elle flottait jusqu'à 2 cm au-dessus de l'eau. Elle s'enfonce maintenant comme une vraie planche avant de déjauger.
- Les bras, la combinaison et la peau : des bras plus musclés, une combinaison avec panneaux, coutures, genouillères et aspect mouillé sur l'eau, une peau bronzée avec son grain, et des cheveux avec des reflets le long des mèches.
- Les looks : dreadlocks, cheveux longs lisses ou ondulés, afro, tresses, chignon, rasé, barbe de trois jours ou courte, bandeau, casquette, bonnet, sept couleurs de cheveux et six teintes de peau. Chaque concurrent a le sien, toujours le même.
- Les embruns : de vraies traînées de gouttes, orientées selon leur vitesse, au lieu de billes blanches.



Le son, sans un seul fichier audio
WindRush n'a aucun fichier audio : tout est synthétisé en temps réel. Cette semaine se sont ajoutés le vent dans les oreilles (plus turbulent côté vent, étouffé à l'abri de la voile), les claques de la planche calées sur sa retombée visible sur le clapot, le bourdonnement du foil et sa cavitation au-dessus de 19 nœuds, les lignes du kite qui chantent à pleine puissance, les vagues qui déferlent autour de vous, les acclamations de la plage à l'arrivée et les bips du chrono à La Palme. Et c'est moins coûteux qu'avant : la synthèse est passée de 1,70 à 0,38 ms par image à La Palme.
Dans les coulisses : comment je travaille avec Claude Code
Le duo est le même que dans le premier article, mais la méthode s'est affinée.
- Mesurer plutôt que deviner. Une scène de test, PoseTest, place le rider dans des situations précises et vérifie des règles chiffrées : genou avant d'au moins 165° en kite, paume à moins de 2 cm du tube, pied dans le strap. Chaque changement de posture passe par ce contrôle avant d'arriver dans le jeu.
- Diagnostiquer avant de corriger. Pour les mains, Claude a écrit le diagnostic avant de toucher au code. C'est ce qui a évité de « compenser » un bug par un autre.
- Avant et après, en images. Chaque lot de travail se termine par une planche de captures avant et après, sous le même angle, que je regarde avant de valider.
- Des agents en parallèle. Pour les gros chantiers, Claude Code lance des sous-agents qui travaillent en même temps : l'un lit les journaux, un autre prépare les captures, un autre rédige les textes, comme cet article.
- Tester comme un joueur, en automatique. Une passe qualité a lancé 115 sessions de jeu automatiques (toutes les disciplines, tous les spots, la carrière et les leçons) : aucun plantage, mais elle a trouvé un vrai bug, un départ anticipé imposé dans les courses de foil et de wing. Corrigé, puis 39 sessions relancées sans un seul faux départ. La même passe a rendu les menus entièrement jouables à la manette.
- Un budget. Claude Code a une limite d'utilisation hebdomadaire : je planifie les gros chantiers en fonction, et je garde des listes prêtes pour la semaine suivante.
Moi, je décide : les sensations, les priorités et les références. Je fournis mes propres photos de postures et la fiche de coaching du kite, et je dis quand quelque chose a l'air « bizarre ». Les bras, par exemple, ont été refaits deux fois avant d'être crédibles. Et Claude ne peut pas écouter les sons : c'est moi qui juge le niveau du vent et des claques.
Ce qui reste à améliorer
Soyons honnêtes : de près, le modèle du personnage reste basique (il faudrait un vrai modèle sculpté avec des textures peintes), certaines coiffures comme l'afro ou le chignon font encore « bloc », et les barbes manquent de relief. Le ciel de tempête est moins spectaculaire que l'ancien ciel peint. Et sur une carte graphique intégrée, la qualité Ultra reste lourde : c'est à ça que sert le mode léger.
Prochaines étapes : refaire tout le matériel à partir de 8 746 photos de catalogue étudiées comme références (proportions réelles des planches, kites, foils, ailes de wing et harnais), de nouvelles manœuvres (virement de bord, remontée de la voile au tire-veille, départ à genoux en wing, waterstart en kite) et l'ambiance des courses : drapeaux, village de course et spectateurs.
Téléchargez WindRush
WindRush est gratuit pour PC (Windows) sur jstephan.itch.io/windrush, et en téléchargement direct sur www.windrush.fr. Si vous l'essayez, dites-moi ce que vous en pensez : c'est comme ça que je choisis les prochaines priorités.
J'utilise la même méthode (C#, .NET et l'IA comme copilote) pour les projets de mes clients : applications, plateformes et jeux. Voir mon offre de logiciel sur mesure, ou l'étude de cas du jeu multijoueur FamiQuiz en .NET (en espagnol).
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